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Lundi 22 mai, Elisabeth Borne a présenté devant le Conseil national de la transition écologique (CNTE) un plan d’action destiné à réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France. En effet, l’an dernier, le pays a émis 408 millions de tonnes équivalent CO2. Or, 18 % de ces émissions sont dues au résidentiel. Pourquoi ce secteur est-il si émetteur ? Comment le gouvernement compte-il réduire l’empreinte carbone du résidentiel ? Découvrez les mesures envisagées par le gouvernement pour réduire ses GES de 55% en 2030, par rapport au niveau de 1990, conformément aux engagements européens.
Les logements des particuliers émettent des gaz à effet de serre (GES) pour deux raisons principales : l’utilisation des énergies fossiles pour se chauffer et s’éclairer et une mauvaise isolation.
Sur les 29 millions de logements existants en France, il existe environ 5,2 millions de passoires thermiques en 2022, soit 17 % du parc immobilier national.
Ces logements sont caractérisés par :
D’après le rapport de France Stratégie remis à la première Ministre cette semaine, les passoires thermiques émettent environ 12 MtCO2e.(1)
En 2018, 41 % des français se chauffaient avec du gaz naturel (2). Or, lors de sa combustion, cette énergie fossile émet des gaz à effet de serre. Aujourd’hui, elle est responsable de 27 MtCO2e dans le résidentiel (1).
Par ailleurs, 10,5 % des foyers utilisent encore le fioul pour se chauffer en 2023, d’après une étude de l’Insee (3). Pourtant, ce mode de chauffage est responsable de 13 MtCO2e dans le résidentiel (1). A l’échelle individuelle, 1 kWh de fioul rejette 324 grammes de CO2 équivalent (contre 30 grammes pour le chauffage au bois à titre de comparaison).
L’empreinte carbone du chauffage varie donc selon plusieurs critères :
D’après l’Ademe, 25 à 35 % des pertes de chaleur au sein d’un logement proviennent d’une mauvaise isolation des combles ou de la toiture. Les déperditions thermiques peuvent s’élever à 20-25 % dans le cas d’une mauvaise isolation des murs.
Plus la chaleur s’évacue du logement par les ponts thermiques, plus il faut en toute logique augmenter le chauffage pour avoir une sensation de ‘confort thermique’. Or, plus on chauffe, plus on consomme de l’énergie. Et si cette énergie est d’origine fossile, alors l’empreinte carbone s’alourdit davantage.
Les mesures du plan d’action présenté par Elisabeth Borne n’ont pas encore été rendues publiques. Toutefois, le rapport “Les incidences économiques de l’action pour le climat” de France Stratégie remis à la première ministre en mai 2023 propose des pistes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le résidentiel :
La plupart de ces propositions vont déjà dans le sens de la politique énergétique actuelle et font échos aux mesures destinées à développer la rénovation énergétique en France. Parmi les dispositifs déjà en place, on peut citer :
La prochaine stratégie nationale bas carbone (SNBC) devrait avoir lieu d’ici fin juin, début juillet. Elle donnera les orientations pour réussir la transition vers la neutralité carbone, et plus particulièrement la réduction de gaz à effet de serre dans le secteur du résidentiel.
Sources :
Parmi les mesures envisagées par l’Etat pour parvenir à réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France de 55 % en 2030 par rapport au niveau de 1990, on peut citer : le covoiturage, l’électrification des véhicules, le remplacement des chaudières au fioul et au gaz etc.
Afin de réussir ce pari, tous les secteurs d’activité doivent faire des efforts pour réduire leurs émissions de GES. Et tout particulièrement le résidentiel qui est responsable à lui seul de 18 % des émissions totales. Parmi les solutions possibles : éradiquer les passoires thermiques et remplacer les chauffages au gaz et au fioul par des équipements fonctionnant à partir d’énergies renouvelables.
A l’échelle d’un pays, la neutralité carbone consiste à équilibrer ses émissions de gaz à effet de serre grâce à leur absorption via des puits de carbone. Tous les pays de l’UE, dont la France, se sont engagés à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.