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Réuni en Suisse, à Interlaken, le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) a publié, le lundi 20 mars, le rapport de synthèse de son sixième cycle de travaux. Ce document, à l’intention des décideurs, est le fruit d’une collaboration entre 195 pays, débuté en 2015. Alors, quelle est la situation actuelle ? Quelles sont les projections à long terme et les solutions à mettre en œuvre pour lutter contre le réchauffement climatique ? Tuco fait le point et vous résume ce qu’il faut retenir de ce dernier rapport du GIEC.
Vous n’avez pas le temps de lire tout l’article ? Tuco vous propose un condensé des informations à retenir du dernier rapport du GIEC*.
*source : rapport de synthèse du sixième cycle du GIEC.
Dans une première partie de son rapport, le GIEC dresse un état des lieux : responsabilité de l’homme, hausse des températures, engagements insuffisants…
Premier constat du rapport du GIEC 2023, les activités humaines sont les principales responsables du réchauffement climatique. En cause, les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de la production et de la consommation d’énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole). Les émissions mondiales nettes de GES anthropiques, à savoir celles liées à l’activité humaine, ont augmenté de 54 % entre 1990 et 2019. Les secteurs de l’énergie, de l’industrie, des transports et des bâtiments représentaient à eux seuls 79 % des émissions mondiales de GES en 2019.
L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre entraîne avec elle une hausse de la température moyenne sur Terre : +1,1° C entre la période préindustrielle (1850-1900) et aujourd’hui. Le rapport précise que « la température à la surface de la terre a augmenté plus rapidement depuis 1970 » que sur n’importe quelle autre intervalle de 50 ans, sur les 2 000 dernières années. De son côté, le niveau de la mer a augmenté de 20 cm entre 1901 et 2018.
Le rapport du GIEC met également en avant une disparité entre les pays émetteurs : « les pays les moins avancés et les petits États insulaires ont des émissions par habitant beaucoup plus faibles que la moyenne mondiale ». Pourtant, ce sont aussi ces pays les moins émetteurs qui sont le plus touchés par le réchauffement climatique et ses effets (communautés d’Afrique, d’Asie, d’Amérique Centrale ou du Sud, peuples indigènes…). Le document précise qu’entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes sont aujourd’hui très vulnérables face au réchauffement climatique.
Le réchauffement climatique est responsable de nombreux évènements météorologiques extrêmes dans l’ensemble des régions du monde :
Le dernier rapport du GIEC précise qu’entre 2010 et 2020, « la mortalité humaine due à ces événements climatiques a été 15 fois plus élevée dans les régions les plus vulnérables ». À cela s’ajoute des pénuries d’eau, de l’insécurité alimentaire, ainsi que des problématiques économiques. Certains effets constatés sont par ailleurs irréversibles (fonte des glaciers, hausse du niveau de la mer…).
La mise en place d’actions et d’engagements en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique dans de nombreux pays est jugée actuellement insuffisante pour le groupe d’experts du GIEC. Le rapport souligne, par ailleurs, que le manque d’engagement politique et l’insuffisance des financements, qu’ils soient publics ou privés, limitent le déploiement de solutions permettant de lutter contre le dérèglement climatique.
Outre cet état des lieux alarmant, le rapport du GIEC contient différents scénarios de réchauffement climatique. Chaque degré supplémentaire pourrait ainsi amplifier les phénomènes météorologiques extrêmes (vagues de chaleur et de sécheresse de plus en plus fréquentes, intensification des cyclones et des tempêtes…) et leurs conséquences sur l’Homme et les écosystèmes (perte de biodiversité, hausse de la mortalité, maladies d’origine alimentaire ou hydrique…). Ces effets seraient par ailleurs de plus en plus difficiles à gérer.
L’objectif visé est donc de limiter cette hausse de la température globale à 1,5°C. Le groupe de scientifiques précise cependant que, malgré le déploiement de politiques et de lois relatives à cette lutte, le réchauffement climatique risque de « dépasser 1,5°C au cours du 21e siècle ». Les décennies à venir s’annoncent donc cruciales pour envisager un futur vivable et durable pour tous.
Dans le scénario le plus pessimiste du GIEC, la hausse de la température terrestre pourraient dépasser +4°C, par rapport aux températures constatées pendant la période 1850-1900.
Avec l’Accord de Paris, de nombreux pays se sont engagés à faire le nécessaire pour limiter l’augmentation de la température à 1,5°C au dessus des niveaux préindustriels. Pour y parvenir, la France et l’Europe se sont, par exemple, fixées l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelle les pays riches à revoir leurs ambitions pour parvenir à une décarbonation la plus rapide possible, d’ici à 2040.
S’il ne présente que succinctement les solutions à mettre en œuvre, le dernier rapport du GIEC souligne des options d’atténuation efficaces et peu coûteuses sont déjà disponible à l’heure actuelle et que des changements rapides et profonds sont nécessaires…
Dans l’un de ses rapports, publié en 2022, le groupe d’experts s’était intéressé, plus en détails, aux solutions permettant de limiter les émissions de GES et de lutter contre le réchauffement climatique. Voici quelques unes des solutions les plus concrètes mises en évidence.
Le dernier texte du GIEC rappelle que « limiter le réchauffement climatique d’origine humaine nécessite des émissions nettes de CO2 nulles ». Cela implique impérativement de réduire rapidement l’utilisation des combustibles fossiles (gaz, charbon et pétrole) et de développer, en priorité, les énergies renouvelables, comme le solaire, l’éolien ou l’hydroélectricité. Ces énergies renouvelables, produites localement et issues de sources inépuisables, pourraient en effet permettre de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.
Premier émetteur de GES en France, le secteur des transports doit également faire l’objet d’une transformation en profondeur. Parmi les options incontournables :.
Outre des effets sur le climat, la transformation du secteur du transport peut par ailleurs présenter de nombreux bénéfices pour les citoyens (amélioration de la qualité de l’air, réduction des problèmes de santé, moins de bouchons dans les villes…).
La notion d’efficacité énergétique fait écho à une consommation d’énergie minimisée pour un usage défini. Concrètement, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments passe, par exemple, par une massification des travaux d’isolation (permettant de réduire ses déperditions de chaleur) ou le remplacement d’équipements énergivores par des solutions plus performantes dans tous les secteurs (pour le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, l’électricité…). La sobriété énergétique consiste quant à elle à réduire ses consommations énergétiques, de façon volontaire.
Dans leur synthèse présentée en 2023, les experts du GIEC pointent les innovations technologiques du doigt. Le document précise que si elles peuvent présenter un intérêt dans la lutte contre le réchauffement climatique, avec le développement de système à faible émission, ces innovations technologiques peuvent aussi engendrer des impacts environnementaux « nouveaux et plus importants » et favoriser les inégalités sociales.
Lorsqu’il est en fonctionnement, un panneau photovoltaïque n’émet pas gaz à effet de serre. L’électricité est produite localement et consommée directement sur place, sans émettre de pollution. En revanche, là encore, on ne peut pas parler d’un bilan carbone nul, dans la mesure où l’entretien des panneaux solaires et leur maintenance impliquent d’utiliser de l’énergie, par exemple.
Par définition, les puits de carbone sont des réservoirs, naturels ou artificiels, qui ont la capacité de stocker le carbone présent dans l’atmosphère. Les forêts, les sols et les océans constituent ainsi des puits de carbone qu’il faut protéger pour intensifier la lutte contre le réchauffement climatique. Cela passe, par exemple, par une gestion durable des forêts.
Face à de tels constats, chacun peut se sentir impuissant. Pourtant, la lutte contre le réchauffement climatique est l’affaire de tous : tout le monde est concerné et chacun peut y contribuer, à son échelle. À la maison, il peut ainsi être intéressant d’envisager :
Sachez que différentes aides financières, mises en place par l’État ou par les collectivités locales, existent déjà pour vous aider à vous engager dans la transition énergétique (MaPrimeRénov’, prime à l’autoconsommation photovoltaïque, bonus écologique ou prime à la conversion…).
Tuco, expert en solution d’efficacité énergétique, vous accompagne dans votre projet d’économies d’énergie. N’hésitez pas à prendre RDV avec nos équipes pour une étude énergétique gratuite et sans engagement.
Le dernier rapport de synthèse du GIEC a été publié le 20 mars 2023. Les scientifiques qui composent le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat s’étaient réunis en Suisse, à Interlaken, pour adopter la synthèse de son 6ᵉ rapport.
Le rapport du GIEC 2023 est disponible sur le site internet de l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change). Pour l’heure, il n’est disponible qu’en anglais. On peut également retrouver les publications du GIEC sur le site du ministère de la Transition énergétique.
Il est difficile d’établir précisément la date de publication du prochain rapport du GIEC, qui fonctionne par cycles. En plus de son rapport d’évaluation, le GIEC produit également des rapports spéciaux, méthodologiques ou des documents techniques dont les dates de publications ne sont pas fixées.